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En bref : • Un risque aggravé en assurance peut être médical (maladies comme cancer, diabète), professionnel (métiers dangereux) ou lié aux loisirs (sports extrêmes). • La convention AERAS facilite l'accès au crédit pour les personnes à risque de santé, avec notamment un droit à l'oubli qui permet de ne plus déclarer certaines pathologies après 5 ans. • Les surprimes liées aux risques aggravés peuvent doubler le coût de l'assurance emprunteur, impactant significativement la capacité d'emprunt. • La loi Lemoine a considérablement amélioré la situation des emprunteurs en supprimant le questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200 000€ et en permettant la résiliation à tout moment. • Comparer plusieurs offres d'assurance est essentiel pour les profils à risque, les écarts tarifaires entre assureurs pouvant être considérables. |
Figure-vous que les banques adorent l’assurance emprunteur… surtout quand votre santé est parfaite ! Mais que faire quand on a un « risque aggravé » ? La convention AERAS et la loi Lemoine ont changé la donne pour les millions de Français concernés. Vous êtes considéré à risque et craignez de voir votre projet immobilier compromis ? Voyons comment débloquer cette situation ensemble.
Sommaire
Ce qu’il faut retenir
- Un risque aggravé peut être médical (cancer, diabète…), professionnel (pompier, policier…) ou lié à vos activités (sports extrêmes).
- La convention AERAS facilite l’accès à l’assurance de prêt pour les personnes à risque de santé élevé.
- Les surprimes peuvent doubler le coût de votre assurance emprunteur, impactant votre capacité d’emprunt.
- La loi Lemoine améliore vos droits : pas de questionnaire médical sous 200 000€, droit à l’oubli à 5 ans, résiliation à tout moment.
- Comparer les offres est essentiel pour trouver une assurance adaptée à votre situation particulière.
Comprendre le concept de risque aggravé en assurance
Vous savez, l’assurance, c’est un peu comme un grand système de mutualisation des risques. Mais quand vous présentez un « risque aggravé », cela signifie simplement que, statistiquement, vous avez plus de probabilités de déclencher les garanties de l’assurance. Les assureurs n’aiment pas trop ça, forcément…
Les différents types de risques aggravés
Les risques de santé
C’est le cas le plus fréquent. Pour les prêts dépassant 200 000€ ou si vous avez plus de 60 ans à la fin du remboursement, vous devrez remplir un questionnaire médical. Et là, c’est le grand déballage ! Ce questionnaire permet à l’assureur d’évaluer votre niveau de risque et peut servir de base pour fixer le montant de votre prime.
Les maladies considérées comme « à haut risque » se répartissent en plusieurs catégories :
- Cancérologie et hématologie (tumeurs, hémophilies…)
- Maladies cardiovasculaires (AVC, cardiopathies, hypertension sévère…)
- Troubles endocriniens (diabète, mucoviscidose…)
- Maladies infectieuses (VIH, hépatite, tuberculose…)
- Affections neurologiques ou psychiatriques (AVC, Parkinson, sclérose en plaques…)
- Problèmes pulmonaires (insuffisance respiratoire grave…)
- Maladies rhumatismales (scoliose, lupus…)
- Affections digestives, hépatiques ou rénales (maladie de Crohn, transplantation d’organe…)
Et oui, même le tabagisme est considéré comme un facteur de risque. Alors cette cigarette, toujours aussi tentante ?
Les autres facteurs de risque qui peuvent vous pénaliser
Vous pensiez que seule votre santé intéressait les assureurs ? Que nenni ! Ils s’intéressent aussi à :
- Vos loisirs : Fan de parachutisme ou de rallye automobile ? L’assureur va grimacer.
- Votre métier : Si vous êtes pompier, policier ou militaire, votre profession est considérée à risque.
- Vos projets de voyage : Un séjour prévu dans un pays en guerre ? Une destination où la criminalité explose ? L’assureur va le prendre en compte.
- Votre situation financière : Si vos revenus semblent justes pour assumer les mensualités, c’est aussi un risque pour l’assureur.
La convention AERAS : votre meilleure alliée face aux refus
Bon, soyons honnêtes, sans la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), beaucoup d’emprunteurs se retrouveraient le bec dans l’eau. Cette convention signée entre les assureurs, les établissements de crédit et les associations de patients vise justement à faciliter l’accès au crédit immobilier pour les personnes à risque aggravé.
Le droit à l’oubli : quand votre passé médical s’efface
Imaginez un peu : vous avez vaincu un cancer il y a quelques années, et pourtant cette épreuve continue de vous pénaliser financièrement ? C’est injuste ! Le droit à l’oubli vous permet de ne plus déclarer certaines pathologies après un délai défini.
Par exemple, si vous avez eu un cancer dont le protocole thérapeutique s’est terminé en septembre 2019, vous n’aurez plus à le mentionner à partir de septembre 2024. Une vraie bouffée d’oxygène, non ?
La grille de référence AERAS : des tarifs plus justes
Cette grille permet aux personnes présentant certains risques de santé de bénéficier d’une assurance à un tarif standard ou proche de celui payé par une personne sans problème de santé. Pour y avoir droit, trois conditions :
- Vous demandez un prêt immobilier ou professionnel pour acheter des locaux
- Le capital assuré ne dépasse pas 420 000€
- Votre prêt sera remboursé avant vos 71 ans
Pourquoi certains risques restent difficiles à assurer
Malgré toutes ces avancées, il faut bien comprendre que certaines situations restent compliquées. C’est comme essayer de faire entrer un meuble trop grand dans une pièce trop petite – parfois, ça coince.
Le principe de mutualisation, qui est le fondement même de l’assurance, atteint ses limites avec les cas atypiques. Pour les maladies rares ou les professions très spécifiques, le faible nombre de situations similaires empêche de répartir efficacement le risque entre les assurés.
Et puis, soyons réalistes : certaines maladies dont le pronostic s’aggrave avec le temps ou les professions à danger constant ne peuvent bénéficier d’une couverture totale. La probabilité d’incident est tout simplement trop élevée pour être entièrement assurable. C’est mathématique, malheureusement.
Surprimes et exclusions : comment elles impactent votre projet
La surprime : quand votre assurance vous coûte un bras
Dans le monde merveilleux de l’assurance emprunteur, la surprime est cette petite majoration qui peut faire exploser votre budget. J’exagère ? Pas tant que ça !
Prenons un exemple concret : vous empruntez 200 000€ sur 20 ans. Sans risque aggravé, votre TAEA (Taux Annuel Effectif d’Assurance) serait de 0,20%, soit un coût total de 8 000€. Mais avec un risque aggravé et un TAEA de 0,40%, ce coût grimpe à 16 000€ – le double !
Cette hausse augmente non seulement le coût total de votre crédit, mais aussi vos mensualités. Et si ces dernières vous font dépasser le fameux seuil d’endettement de 35%, c’est tout votre projet qui pourrait être compromis.
L’exclusion de garantie : la double peine
Parfois, l’assureur ne se contente pas de vous faire payer plus cher – il refuse carrément de couvrir certains risques. Imaginez que vous ayez souffert d’un cancer du sein il y a deux ans. L’assureur peut décider de ne pas couvrir le risque de récidive. Si malheureusement vous décédez d’une rechute, l’assurance ne prendra pas en charge vos mensualités, et c’est votre famille qui devra assumer cette charge.
Tu vois pourquoi il est si important de bien lire les petites lignes de votre contrat ? Un contrat moins cher mais bourré d’exclusions peut se révéler être un cadeau empoisonné.
La loi Lemoine : une révolution pour les emprunteurs à risque
Ah, la loi Lemoine ! Un petit nom pour une grande avancée. Cette loi a considérablement renforcé les droits des emprunteurs de trois façons majeures :
- La réduction du délai du droit à l’oubli, passé de 10 ans à 5 ans pour le cancer, par exemple.
- La suppression du questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200 000€ ou lorsque le prêt est remboursé avant vos 60 ans.
- La possibilité de changer d’assurance à tout moment, sans frais ni pénalités.
Ces changements, vous vous en doutez, ont fait grincer des dents dans le milieu de l’assurance… mais ont apporté un vrai soulagement pour de nombreux emprunteurs !
Comment trouver la meilleure assurance malgré un profil à risque
Quand on a un profil atypique, comparer devient non seulement utile mais carrément indispensable. Les différences de tarifs et de garanties peuvent être colossales d’un assureur à l’autre.
Pour vous donner une idée, voici un comparatif des meilleures assurances emprunteur en 2025 :
| Assureur | Prime moyenne mensuelle | Taux moyen annuel |
|---|---|---|
| GAN Eurocourtage Emprunteurs CRD | 13,08 € | 0,08 % |
| GAN Eurocourtage Emprunteurs CI | 15,49 € | 0,09 % |
| GENERALI 7270 CRD | 16,05 € | 0,10 % |
| SUPER NOVATERM CREDIT PLUS | 16,89 € | 0,10 % |
| CNP A034Z CRD | 17,68 € | 0,11 % |
Simulation pour un prêt immobilier de 200 000€ sur 25 ans à 4%, réalisée le 20/12/2024, pour une femme de 30 ans à Orléans, fonctionnaire et non-fumeuse.
Quelques points à comprendre dans ce tableau :
- La prime moyenne mensuelle représente ce que vous paierez chaque mois – c’est ce qui impactera directement votre budget.
- Le taux moyen annuel (TAEA) est le pourcentage qui, appliqué au capital, détermine votre cotisation. Une différence de quelques centièmes peut représenter des milliers d’euros sur la durée du prêt.
- La mention CRD signifie que vos cotisations sont calculées sur le Capital Restant Dû – elles diminuent donc au fil du temps.
- La mention CI indique que le calcul se fait sur le Capital Initial – vos cotisations restent identiques jusqu’à la fin.
Conseils pratiques pour obtenir une assurance malgré un risque aggravé
Voici quelques astuces qui pourraient vous faire économiser une petite fortune :
- Comparez systématiquement : Ne vous contentez jamais de la première offre, surtout pas celle de votre banque. Les écarts peuvent être vertigineux.
- Utilisez votre droit à la délégation : Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez choisir librement votre assureur, même après avoir signé votre prêt.
- Consultez un courtier spécialisé dans les risques aggravés : Ces professionnels connaissent les assureurs plus ouverts à certains types de risques.
- Soyez transparent : Tenter de cacher des informations peut mener à la nullité du contrat. Mieux vaut jouer cartes sur table.
- Demandez une contre-expertise médicale si vous estimez que votre risque a été surévalué.

Je suis Matthieu Baril, nantais, et l’assurance prêt immo, c’est mon quotidien. J’ai toujours aimé sécuriser les projets, mais imagine : un client a assuré sa cabane flottante et ça a fini en cas d’école ! Parfois, la réalité dépasse la fiction.










