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En bref : • Le marché de l'assurance emprunteur se stabilise deux ans après la loi Lemoine, avec 70% des professionnels constatant une normalisation du rythme des résiliations. • Les emprunteurs deviennent plus réfléchis, privilégiant l'analyse de leurs contrats sur la durée plutôt que les changements impulsifs, avec une augmentation des résiliations après deux ans de contrat (de 21% à 28%). • Les banques ont adopté une attitude plus conciliante face à la délégation d'assurance, proposant même des offres plus compétitives pour retenir leurs clients. • Des perspectives encourageantes émergent pour 2025, avec la reprise du marché immobilier qui pourrait offrir davantage d'opportunités de délégation d'assurance et d'économies substantielles. |
Figure-vous que le marché de l’assurance emprunteur se stabilise enfin après la petite révolution provoquée par la loi Lemoine en 2022. Cette réforme qui permettait aux emprunteurs de changer d’assurance à tout moment semblait promesse de grands bouleversements. Mais qu’en est-il aujourd’hui, deux ans après son entrée en vigueur ?
Selon une étude récente réalisée par MetLife, les professionnels du secteur observent un retour au calme. Décryptage.
Sommaire
L’effet « ruée vers l’or » s’essouffle
Souvenez-vous de l’ambiance début 2022… La loi Lemoine venait d’entrer en vigueur et c’était un peu la cohue ! Les demandes de résiliation pleuvaient et les assureurs alternatifs se frottaient les mains. Mais aujourd’hui ? Le calme après la tempête, apparemment.
L’enquête MetLife révèle un chiffre parlant : 70% des professionnels interrogés (courtiers et agents généraux principalement) constatent que le rythme des annulations s’est normalisé. Seulement 24% signalent encore une hausse des demandes de résiliation. L’année dernière, ils étaient 57% ! Sacré recul, n’est-ce pas ?
Les consommateurs semblent désormais plus sélectifs. Ils réfléchissent davantage avant de sauter d’un contrat à l’autre. Fini le temps où l’on résiliait son assurance juste parce que c’était possible. On compare, on réfléchit, on pèse le pour et le contre.
La patience s’installe chez les emprunteurs
Autre signe de cette normalisation : les emprunteurs sont moins pressés de changer d’assurance. Les résiliations précoces, celles qui interviennent dans la première année du prêt, ont diminué de 8 points. Un chiffre qui ne ment pas.
En revanche, celles qui surviennent après deux ans de contrat ont légèrement augmenté, passant de 21% à 28%. C’est logique quand on y pense : les gens prennent maintenant le temps d’évaluer leur contrat sur la durée avant de décider s’il leur convient ou non.
J’ai rencontré Sylvie, courtière en assurance depuis 15 ans, qui me confiait : « Au début de la loi Lemoine, c’était fou ! Des clients m’appelaient tous les jours pour changer d’assurance. Maintenant, ils viennent me voir avec des questions plus précises, ils ont fait leurs recherches et savent ce qu’ils veulent. »
Les banques ont compris la leçon
La loi Lemoine a complètement rebattu les cartes dans le rapport de force entre banques et particuliers. Face à cette liberté nouvelle des emprunteurs, les établissements bancaires ont dû s’adapter. Et croyez-moi, ils n’ont pas eu le choix !
Fini le temps où elles faisaient la sourde oreille quand un client voulait déléguer son assurance. Les banques ont progressivement abandonné leurs positions défensives pour adopter une attitude plus conciliante. Certaines proposent même désormais des offres d’assurance plus compétitives pour éviter de voir leurs clients partir à la concurrence.
| Évolution du marché | 2022-2023 | 2023-2024 |
|---|---|---|
| Professionnels signalant une hausse des résiliations | 57% | 24% |
| Résiliations après 2 ans de contrat | 21% | 28% |
| Attitude des banques face à la délégation | Défensive | Conciliante |
Des perspectives encourageantes pour 2025
Et demain ? MetLife se montre optimiste pour 2025. Des signes de reprise apparaissent sur le marché du crédit immobilier, stimulés notamment par les récentes baisses des taux directeurs de la BCE. Si cette tendance se confirme, on pourrait assister à une augmentation des prêts accordés.
Pour les emprunteurs, cela pourrait signifier davantage d’opportunités de délégation d’assurance, motivées par la recherche de couvertures plus compétitives. Les économies peuvent être substantielles, parfois jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée d’un prêt important !
Tenez, prenons l’exemple de Stéphanie, 36 ans, non-fumeuse, qui a emprunté 657 000€ sur 25 ans à un taux de 1,25%. Sa banque lui proposait une assurance à 0,34%, soit un cumul de primes de 55 845€. En comparant les offres, elle a trouvé une assurance à 0,16% avec de meilleures garanties, économisant ainsi près de 32 000€ sur la durée de son prêt. Pas mal, non ?
Le calme après la tempête
2024 marque donc une phase de stabilisation dans le secteur de l’assurance emprunteur. Les résiliations se normalisent, les banques s’ouvrent davantage à la délégation, et les emprunteurs deviennent plus réfléchis dans leurs choix.
On assiste à une forme de maturité du marché. La loi Lemoine a fait son œuvre en instaurant plus de transparence et de concurrence. Maintenant que la poussière est retombée, chacun y trouve finalement son compte.
Alors, pensez-vous que cette accalmie va durer ? Ou bien la reprise du marché immobilier pourrait-elle relancer une nouvelle vague de changements d’assurance ? Une chose est sûre : la liberté de choisir est désormais bien ancrée dans les habitudes des emprunteurs. Et ça, c’est une victoire en soi.

Je suis Matthieu Baril, nantais, et l’assurance prêt immo, c’est mon quotidien. J’ai toujours aimé sécuriser les projets, mais imagine : un client a assuré sa cabane flottante et ça a fini en cas d’école ! Parfois, la réalité dépasse la fiction.









