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En bref : • Le droit à l'oubli, renforcé par la loi Lemoine de 2022, permet aux survivants du cancer de ne pas déclarer leur maladie après 5 ans de fin de traitement (contre 10 ans auparavant) lors de demandes d'assurance emprunteur. • 76% des personnes contactant la permanence AIDEA sont des femmes, reflétant une "double peine" liée aux inégalités de genre dans l'accès à l'assurance et la stabilité financière post-cancer. • Malgré ces avancées législatives, de nombreux obstacles persistent : malentendus sur les délais, partage d'informations entre assureurs, et complexité des exclusions de garanties dans les contrats. • Certaines compagnies d'assurance développent des initiatives spécifiques pour soutenir les anciens malades, avec des produits adaptés et des partenariats avec des associations. |
Avec l’évolution des législations, en particulier la loi Lemoine adoptée en 2022, la question de l’assurabilité pour les survivants de cancer est devenue centrale. Malgré les avancées concernant le droit à l’oubli, les obstacles persistent pour ceux qui cherchent à accéder à une assurance emprunteur. Ce sujet soulève à la fois des problématiques de santé, d’inégalités de genre et de ressentiment face à une bureaucratie encore complexe.
Sommaire
Les barrières persistantes sur le parcours de l’assurance emprunteur
La permanence AIDEA, au sein de la Ligue contre le cancer, reçoit des appels du lundi au vendredi, témoignant de l’importance de l’accompagnement dans les démarches d’assurabilité. Près de 76 % des contactés sont des femmes, souvent confrontées à un sentiment de « double peine », malgré l’existence du droit à l’oubli.
Les faits marquants du droit à l’oubli
Avant 2016, les anciens malades du cancer faisaient face à des refus constants d’assurances en raison de leur condition. Cependant, l’instauration du droit à l’oubli a apporté des changements significatifs :
- Les personnes guéries d’un cancer depuis plus de dix ans peuvent désormais omettre cette maladie lors de la souscription.
- Les délais distincts pour les jeunes diagnostiqués (cinq ans) favorisent également l’accès à l’emprunt.
- Des avancées telles que la loi Lemoine ont réduit le temps à cinq ans après la fin du traitement, quel que soit l’âge.
| Type de cancer | Délai pour le droit à l’oubli |
|---|---|
| Cancer adulte | 5 ans après fin de traitement |
| Cancer pédiatrique | 5 ans après la guérison |
| Cancer du sein | 10 ans (7 dans certains cas) |
Une étude récente sur les effets du droit à l’oubli
Des recherches menées dans l’étude ELOCAN ont révélé que le droit à l’oubli réduit les difficultés d’accès à l’assurance pour les anciens malades. En particulier, le cancer du sein, bien que fréquent, montre des effets moins marqués, une injustice face à d’autres types de cancer. Agnès Dumas, sociologue, souligne que l’attente de 10 ans pour les femmes diagnostiquées empêchent un accès équitable aux prêts.
Complexité des procédures d’assurance
La mise en pratique des lois rappelle que, malgré les progrès, des difficultés subsistent :
- Malentendus sur début des délais : la fin du protocole thérapeutique marque le début du compte à rebours.
- Partage des informations entre assureurs crée de l’incertitude.
- Besoins d’explications précises concernant les exclusions de garanties dans les contrats.
| Problème rencontré | Impact |
|---|---|
| Refus de contrat malgré droit à l’oubli | Accès limité à l’emprunt |
| Difficulté à comprendre les délais | Incertitude et stress supplémentaire |
| Exclusion de garanties | Risque pour la couverture en cas de rechute |
Les inégalités de genre dans l’assurance emprunteur
Une dynamique de double peine se souligne chez les femmes touchées par le cancer. Les conséquences financières et professionnelles du cancer pèsent plus lourdement sur elles, exacerbées par des systèmes d’assurance souvent en désavantage. Les femmes occupent en majorité des emplois précaires, ce qui complique encore plus leur retour à la stabilité financière.
Initiatives porteuses d’espoir
Certaines compagnies, comme Axa, Generali France et Crédit Agricole Assurances, mettent en œuvre des programmes spéciaux pour soutenir les anciens malades :
- Création de produits d’assurance adaptés, excluant spécifiquement les cancers antérieurs.
- Assistance à la recherche d’informations simplifiées et accessibles pour les assurés.
- Développement de partenariats avec des associations telles que la Ligue contre le cancer pour une meilleure sensibilisation.
| Compagnie d’assurance | Initiative proposée |
|---|---|
| Axa | Produits personnalisés pour cancers antérieurs |
| Crédit Agricole Assurances | Sensibilisation auprès des assurés |
| La Banque Postale Assurance | Soutien à l’insertion professionnelle des survivants |
La visibilité croissante des questions de santé et d’assurance continue d’évoluer. Les discussions autour du droit à l’oubli et son impact sur l’accès à l’assurance emprunteur sont essentielles. La route est semée d’embûches, mais les améliorations apportées par les lois de 2016 et 2022 constituent des étapes majeures vers plus d’équité.

Je m’appelle Thierry Jacques, niçois, et l’actu assurance, c’est mon quotidien. J’ai toujours aimé anticiper l’imprévisible. Un jour, une clause oubliée a sauvé tout un immeuble. Comme quoi, le diable se cache dans les détails… et parfois, il sauve la mise !











