lun. Sep 27th, 2021

Depuis le mois de septembre et la mise en place de la réforme des études de santé et du numerus clausus, les couacs se multiplient aux examens d’admission en deuxième année de médecine. Exemple à l’université de Tours.

Ce devait être une première année d’études de médecine avec moins de bachotage, où l’on évaluerait les étudiants également sur leur personnalité… Mais depuis septembre 2020 et la mise en place de la réforme des études de santé et du numerus clausus, les couacs se multiplient.

À l’université de Tours, par exemple, après les écrits de médecine, les étudiants de première année ont passé un oral il y a quelques jours, avec des sujets pour le moins décalés : la situation de la Grande Barrière de corail, par exemple… Des étudiants qui avaient excellé aux écrits ont ainsi été recalés à cause du coefficient appliqué à cette épreuve orale, ne portant pourtant pas sur une de leurs matières principales.
Jeanne avait obtenu d’excellentes notes à l’écrit, sur des sujets de médecine, récompense de nombreuses heures de travail tout au long de l’année. « Avant le concours, je pouvais être à 10 ou 11 heures par jour, témoigne l’étudiante. Je ne prenais jamais de soirée… »

Admissible en deuxième année après l’écrit, il y avait encore l’oral à passer. Un oral de dix minutes sur un sujet qui n’a rien à voir avec la médecine, censé évaluer les capacités oratoires du candidat, sa personnalité et son empathie. Un oral auquel les étudiants jugent avoir été à peine préparés et qui pourtant, côté coefficient, valait à Tours autant que l’écrit. « Je suis tombée à l’oral sur la préservation de la barrière de corail, sourit, amère, l’étudiante. J’en avais entendu parler, mais je ne m’étais jamais intéressée à la barrière de corail. J’ai lu le texte, je l’ai compris, donc j’ai su l’expliquer. Mais quand l’examinateur me posait des questions sur la barrière de corail, je n’en avais vraiment aucune idée. »

Résultat, la jeune fille de 18 ans tient seulement six minutes sur la barrière de corail et sa note est mauvaise. Cet oral balaie en quelques minutes les résultats écrits d’un an de travail : elle est recalée et n’ira pas en médecine l’an prochain, comme d’autres étudiants classés même parmi les dix meilleurs à l’écrit. « Jeanne a été, les premiers jours, absolument inconsolable, se souvient Pierre, le père de l’étudiante. Il y a eu de nombreux étudiants dans son cas, y compris des étudiants qui étaient classés dans les dix premiers de ce classement qui comptait plus de 1 100 étudiants. »

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